| Promotion E.S.M. N° 212 “ Général LEFORT ” 2025 - 2028 |
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Le général Jacques LEFORT, parrain de la 212e promotion de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr.
Né le 26 décembre 1913 à Arras, Jacques Lefort, ancien élève du Prytanée national militaire, intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr le 1er octobre 1933 au sein de la promotion « Roi Albert Ier ». Promu sous-lieutenant le 1er octobre 1935, il rejoint la Légion étrangère et sert en Algérie puis au Maroc, où il commande successivement deux compagnies du 3e régiment étranger d’infanterie.
Affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère le 25 février 1940, il embarque pour la Norvège et participe à la bataille de Narvik, où il est blessé le 6 juin 1940.
Promu capitaine le 25 mars 1943, il rejoint le bataillon de choc à Staoueli. Le 1er janvier 1944, il prend le commandement de la 2e compagnie, avec laquelle il participe à la conquête de l’île d’Elbe, où il est de nouveau blessé, puis au débarquement de Provence en août 1944. Le 24 octobre suivant, il prend le commandement du 1er bataillon de choc.
Promu chef de bataillon le 25 juin 1945, il poursuit sa carrière au sein des troupes aéroportées. Le 8 décembre 1947, il prend le commandement du 218e bataillon d’infanterie parachutiste.
Débarqué à Saïgon le 10 avril 1951, il rejoint le groupement des commandos mixtes aéroportés avant de prendre, le 15 juin 1951, le commandement de l’École militaire interarmes de Dalat.
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Insigne de la @promotion_lefort. Écu de sable chargé d’une croix d’Agadès ouverte sur le champ, accompagnée à senestre d’une grenade à sept flammes d’or au corps de sable et, en pointe, de la devise « MORE MAJORUM » en lettres capitales d’or ; broché en chef, à dextre, de la carte de France tricolore chargée d’un parachute et d’un glaive d’or, issue de l’écusson aux armes du 1er bataillon de choc, timbré à dextre d’un casoar de candide et de gueules.
Le tout broché d’une épée haute gardée d’or, à la lame d’argent chargée du grade et du nom « GAL LEFORT » en lettres capitales, brochant une aigle essorante contournée d’argent enserrant la garde. |
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| Rentré en métropole en juillet 1953, il est promu lieutenant-colonel le 6 avril 1954. Après avoir participé aux opérations de Suez en novembre 1956, il est promu colonel le 25 mars 1958 et prend, le 7 avril, le commandement du 2e régiment étranger de parachutistes. En septembre 1958, il est blessé par balle à l’épaule droite près de Guelma.
Promu général de brigade le 25 juin 1962, il commande la 2e brigade, devient inspecteur de la Légion étrangère, puis chef de la mission militaire française d’instruction au Laos. Promu général de division le 1er juin 1969, il prend le commandement de la 11e division, puis celui du 1er corps d’armée le 13 février 1972. Le 1er mars 1972, il est élevé aux rang et appellation de général de corps d’armée.
Le général Jacques Lefort meurt à Toulon le 7 juin 1974. |
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| Rédaction et droits : © Académie Militaire Saint-Cyr Coëtquidan 2026 |
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Ci-dessous : Retranscription du document audio-video, lu et enregistré le 25 juillet 2026, lors des cérémonies nocturnes du Triomphe.
NB : Cette retranscription comporte quelques courts passages inintelligibles et signalés dans ce texte très intéressant.
L’originalité de ce texte réside dans la narration, à la première personne, de la carrière militaire du parrain de la promotion. |
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Le 18 juin 1944, l’opération Brassard est lancée depuis maintenant quelques heures. Avec ma compagnie, je débarque par surprise à 1 heure du matin sur l'île d’Elbe. Je dois m’emparer d'une batterie allemande et harceler l’ennemi.
A 4 heures une rafale de mitrailleuse me blesse au bras droit et je conserve le commandement jusqu’à la réussite de la mission. Soigné en corse, je rejoins mon unité et reprends l’entraînement en vue du débarquement de Provence quelques mois plus tard. Coup de main, corps meurtri, fraternité partagée avec mes hommes dans le combat. Telle est ma vie.
Je suis né le 26 décembre 1913 au sein d’une famille Picarde. Fils de Saint-Cyrien, je développe très tôt un caractère déterminé et un goût pour le risque et les responsabilités tout en héritant de la modestie et de la mesure de mon père. J’intègre saint-cyr en 1933 et choisis la légion étrangère à la fin de ma formation. Mes premières années au premier régiment étranger dans la dureté et le rudité du Sahara au contact d’hommes expérimentés forgent en moi un style de commandement éminemment humain que je conserverai dans toutes mes fonctions.
Alors que la guerre éclate je rejoins la 13e demi-brigade de marche des volontaires de la légion étrangère comme chef de peloton motocycliste. Je débarque à Narvick le 5 mai 1940 dans le cadre de la campagne de Norvège sous les ordres du général Béthouart. Je reviens blessé, brûlé au visage après avoir fait sauter un pont important et des dépôts de munitions avec 1000 kg d’explosif.
J’arrive au 1er bataillon de choc à Staoueli en Algérie en octobre 1943. Prenant le commandement de la 2e compagnie, je rejoins la corse libérée. Je participe au débarquement de Provence ; aux combats acharnés de la libération de Toulon. Je commande ensuite le 1er bataillon de choc entre (inintelligible). Durant la bataille d’Alsace, je suis de nouveau blessé ; peu m’importe. Avec mes troupes, je perce les lignes défensives et progresse sur le territoire allemand jusqu'à forcer l’ennemi à la rédition le 6 mai 1945 au col de l’Arlberg en Autriche. Ces faits d’armes victorieux de 1944 à 1945 sont inscrits sur les plis du drapeau du 1er choc, présent devant vous ce soir.
Un fois la guerre terminée, j’épouse Suzanne Rouquette, l’infirmière qui m'avait soigné lorsque j’étais blessé à l’île d’Elbe. Suzanne, femme héroïque et courageuse, s’est tenue partout à mes côtés. Appui sans faille et modèle de dévouement. Après un passage par l’école des troupes aéroportées à Pau, je commande l’école militaire interarmes de Dalat en Indochine formant un millier d’officiers. Rêvant de transmettre ce qui m’animait depuis toujours, participer à la création du (?) vietnamien avec le général (?) et le général de Lattre, était pour moi une consécration.
Promu colonel en mars 1958, je prends le commandement du 2e régiment étranger de parachutistes à Philippeville en Algérie jusqu’en mai 1960. Avec mes légionnaires, je participe sans relâche à la lutte dans le Constantinois notamment dans le cadre des opérations Pierre précieuses. La nuit du 30 septembre 1958, je suis blessé dans un embuscade sur la route entre Héliopolis et Guelma, (inintelligible). Le contexte est difficile pour les troupes au combat. C’est le rembarquement, le départ de Sidi bel Abbès vers la métropole. Le 1er juillet 1962, je suis nommé général de brigade et devient inspecteur de la légion étrangère, le père légion. Contribuant ainsi d’une manière déterminante au maintien des capacités de cette composante singulière de l'armée française et à son nouveau destin.
Les 6 années qui couronnent ma carrière militaire me voient à la tête de grandes unités. La 11e division parachutiste et le 1er corps d’armée. Ce dernier commandement prend un relief particulier au sein d’une armée dont la composante terrestre se modernise profondément en parallèle du développement de notre arsenal nucléaire offrant ainsi à la France un atout précieux en renfort de (?). Le 26 décembre 1973, après 38 années au service de la France je fais mes adieux aux armes à Nancy.
Je reste convaincu au plus profond de mon coeur que l’honneur n’est pas un sens périmé et que servir sous les armes n’est pas périmé. Vous en êtes d’ailleurs le vivant témoignage. Ce soir, chers bazar, ces mots franchissent le temps et l’oubli et leur souffle fait frémir vos casoars.
Je suis le général de corps d’armée Jacques LEFORT !
Je vous laisse en héritage, ce courage tranquille et détaché qui m’a animé au combat comme dans l’humilité du service quotidien. Que l’honneur et la fidélité avec lesquels j’ai servi et versé mon sang, revive toujours en vous l’idéal de votre jeunesse.
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