Biographie du parrain, lue lors du baptême de la promotion le 25 juillet 2015           
      Promotion E.S.M.  N° 201  “ Chef d’Escadrons de NEUCHÈZE ”   2014 - 2017
Né à Paris le 31 mars 1904, Robert de Neuchèze est admis à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr en 1925, promotion Maroc et Syrie. Excellent élève, remarqué très tôt par ses cadres, il se montre aussi adroit à cheval qu’au tir ; il choisit naturellement la cavalerie à l’issue de sa formation. Après une année d’application, il est affecté au 19e régiment de dragons et sert en Allemagne entre 1928 et 1930.
De retour en France, le jeune lieutenant sert à Dinan. Novateur dans son discours et ses méthodes, il affirme que les guerres modernes seront basées sur le mouvement et l’utilisation des blindés. C’est donc tout naturellement qu’il est nommé à la tête du seul peloton motorisé du régiment. En 1938, il suit le cours de l’école des chars à Fontainebleau dont il sort Major ; il est nommé instructeur à Saumur l’année suivante.
Le 10 mai 1940, l’Allemagne envahit la France ; le 17, le capitaine de Neuchèze reçoit l’ordre de former le 1er groupe franc motorisé de cavalerie. A la tête de 150 hommes, il mène des opérations de reconnaissance dans la profondeur et harcèle l’ennemi sans répit. Il est cité à l’ordre de l’armée pour ses actions de combat courageuses et couronnées de succès. Le 27 mai, il est blessé au cours d’un accrochage. Hospitalisé pour 4 mois, il s’enfuit au bout de 10 jours pour reprendre son commandement.
Du 14 au 23 juin, il participe aux combats de Saumur aux côtés des cadets de l’école de cavalerie. Il est pour cela de nouveau cité à l’ordre du corps d’armée et élevé au rang de chevalier de la légion d’honneur.
Muté au 2e régiment de Dragons après l’armistice, Neuchèze unifie et amplifie la résistance dans le Gers ; il organise également le camouflage du matériel du régiment et crée des filières d’évasion vers l’Espagne.

Insigne de la 201e promotion de l’E.S.M. 2014-2017

Chef d’escadrons Robert de Neuchèze
Lorsque le régiment est dissous en novembre 1942, il entre en clandestinité mais est arrêté le 14 juin 1944. Interné au camp de Compiègne, il tente à plusieurs reprises de s’évader ; il y parviendra en sautant du 1er étage de l’hôpital du Val de Grâce.
Il apprend alors que son régiment se reforme en Afrique ; pour cela, le colonel Schlesser, chef de corps, réclame l’étendard du régiment. Neuchèze se rend à Toulouse pour le récupérer. Drapé de la précieuse étoffe, il traverse la France en direction de la méditerranée et après un extraordinaire périple de 8 jours, est exfiltré par le sous-marin “L’Aréthuse” et rallie Alger le 31 octobre 44.

Ce fait d’armes, unique dans l’armée française vaut à Neuchèze d’être promu chef d’escadrons, cité à l’ordre de l’armée et élevé au rang d’officier de la légion d’honneur. L’étendard du 2e régiment de dragons sera le seul emblème de l’armée française à recevoir la médaille des évadés.
Le 31 août 1944, le 2e régiment de dragons débarque en Provence et participe aux combats du Rhône ; objectif : la ville d’Autun, atteinte début septembre. Les combats y sont âpres et la bataille longtemps indécise.

Le chef d’escadrons de Neuchèze, chargé d'assurer l’escorte d’un convoi de ravitaillement vital pour le régiment, accomplit sa mission puis se porte au secours de résistants aux prises avec les allemands au carrefour de Fontaine La Mère, au sud d’Autun.
Il prend place à bord du char baptisé Notre-Dame de Paris pour remplacer un de ses hommes tué au combat. Avec un total mépris du danger, il se dresse à plusieurs reprises au haut de sa tourelle pour diriger ses hommes et observer la bataille.
C’est alors qu’il est abattu d’une balle en pleine tête par un tireur d’élite embusqué.
(…)
L’étendard du 2e régiment de dragons nous fait l’honneur d’être présent ce soir sur les rangs, aux côtés de la promotion “Chef d’Escadrons de Neuchèze”.
Retranscription du document audio, enregistré le 25 juillet 2015 à 23 h 50, soir du Triomphe