Stèle “Campagne d’Italie”
                        Promotion E.M.I.A.  N° 39   “ Campagne d’Italie ”   1999 - 2001

Insigne promotion
Campagne d’Italie
“ En gravissant cette colline, souviens-toi de l’ardeur des combats de la campagne d’Italie ”
Stèle en pierre située dans la zone sud du camp de Coëtquidan au carrefour de la piste montant à la grande bosse.
Monument inauguré en 2001 par la promotion « Campagne d’Italie » de l’École Militaire Interarmes.
Sous-lieutenant Arnaud BELTRAME
Porte-drapeau et major de la promotion E.M.I.A. “Campagne d'Italie” 1999-2001

Le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame est né le 18 avril 1973 à Étampes. Il est mort des suites de ses blessures, assassiné par un djihadiste le 23 mars 2018 dans un supermarché de Trèbes, alors qu’il s’était substitué à une otage. Il avait 44 ans. Avec lui, trois autres personnes ont été tuées dans cet attentat islamiste.
Après une classe préparatoire au lycée militaire de Saint-Cyr L’École, Arnaud Beltrame a commencé sa carrière dans l’armée de terre en 1995 comme aspirant appelé puis comme ORSA dans l’artillerie (EAA de Draguignan, 35e RAP, 8eRA).
En 1999, il intègre l’école militaire interarmes (EMIA) de Saint-Cyr Coëtquidan, promotion “Campagne d’Italie” dont il en sort major en 2001. Il rejoint ensuite l’École des officiers de la Gendarmerie nationale à Melun, dont il est sort à nouveau major (promotion Capitaine Gauvenet). Il est alors affecté au Groupement blindé de la Gendarmerie mobile à Satory.
Dès 2003, il intègre l’EPIGN (escadron parachutiste d’intervention) à Satory, où il reste trois ans. Qualifié chuteur opérationnel, il est engagé dans des missions de protection, notamment à Bagdad en 2005, dans un contexte de grave insécurité. Il participe à la récupération d’un ressortissant français et il est alors décoré de la croix de la valeur militaire.

Il rejoint ensuite le 1er régiment d’infanterie de la Garde républicaine, comme commandant d’une compagnie en charge de la sécurité de l’Elysée, durant quatre ans. De 2010 à 2014, il commande la compagnie de Gendarmerie départementale d’Avranches (Manche), puis rejoint le ministère de l’Écologie, où il s’occupe d’intelligence économique. En août 2017, il est nommé officier adjoint du groupement de l’Aude, où il participe notamment à un exercice de contre-terrorisme en décembre dernier.

Le mercredi 28 mars 2018 à 11h30, une cérémonie d’hommage national, présidée par le président de la République Emmanuel Macron, s’est déroulée dans la cour d’honneur des Invalides à Paris, en présence de tous les représentants de l’état, des corps constitués, de sa famille et amis et de la population. Extraits de son allocution :

“Le camp de la liberté, celui de la France, est confronté aujourd’hui à un obscurantisme barbare, qui n’a pour programme que l’élimination de nos libertés et de nos solidarités. Les atours religieux dont il se pare ne sont que le dévoiement de toute spiritualité et la négation même de l’esprit. Car il nie la valeur que nous donnons à la vie. Valeur niée par le terroriste de Trèbes. Valeur niée par le meurtrier de Mireille KNOLL, qui a assassiné une femme innocente et vulnérable parce qu’elle était juive et qui ainsi a profané nos valeurs sacrées et notre mémoire”.

“Non, ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daesh, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c’est aussi cet islamisme souterrain, qui progresse par les réseaux sociaux, qui accomplit son œuvre de manière invisible, qui agit clandestinement, sur des esprits faibles ou instables, trahissant ceux-là mêmes dont il se réclame, qui, sur notre sol, endoctrine par proximité et corrompt au quotidien. C’est un ennemi insidieux, qui exige de chaque citoyen, de chacun d’entre nous, un regain de vigilance et de civisme”.

Et je dis à cette jeunesse de France, qui cherche sa voie et sa place, qui redoute l’avenir et se désespère de trouver en notre temps de quoi rassasier la faim d’absolu, qui est celle de toute jeunesse : l’absolu est là, devant nous. Mais il n’est pas dans les errances fanatiques, où veulent vous entraîner des adeptes du néant, il n’est pas dans le relativisme morne que certains autres proposent. Il est dans le service, dans le don de soi, dans le secours porté aux autres, dans l’engagement pour autrui, qui rend utile, qui rend meilleur, qui fait grandir et avancer. Telle est la voie montrée par Arnaud BELTRAME”.

“Ce héros était un homme avec son histoire, ses liens, ses sentiments, ses questionnements et lui-même avait ses héros, qui étaient les grands soldats français. Arnaud BELTRAME rejoint aujourd'hui le cortège valeureux des héros qu’il chérissait. Il vivra en vous, par vous, dans votre souvenir, dans vos prières ; mais ce que nous vous devons, c’est qu’il ne soit pas mort en vain, que sa leçon demeure gravée dans le cœur des Français. Sa mémoire vivra. Son exemple demeurera. J’y veillerai ; je vous le promets. Votre sacrifice, Arnaud BELTRAME nous oblige. Il nous élève. Il dit comme aucun autre ce qu’est la France, ce qu’elle ne doit jamais cesser d’être et qu’elle ne cessera jamais d’être tant que des femmes et des hommes décideront de la servir avec le courage, le sens de l’honneur, l’amour de la patrie que vous avez démontrés. A ces mots, vous avez donné l’épaisseur de votre vie et les traits de votre visage.
Au moment du dernier adieu, je vous apporte la reconnaissance, l’admiration et l’affection de la Nation toute entière. Je vous fais Commandeur de la légion d’honneur. Et je vous nomme colonel de gendarmerie”.

Les obsèques du colonel Arnaud BELTRAME ont eu lieu le jeudi 29 mars 2018 à 10h30 à la cathédrale Saint-Michel de Carcassonne. Il a été inhumé à Ferrals-les-Corbières, village où il vivait avec son épouse.

Mercredi 28 mars 2018, la dépouille du lieutenant-colonel Arnaud BELTRAME pénètre dans
la cour d’honneur des Invalides, portée par des élèves-officiers de la gendarmerie,
des élèves-officiers de l’E.M.I.A. et des gendarmes des différents corps.